Si vous cherchez à visiter l’îlet Chancel, vous êtes au bon endroit. Situé au large du Robert, ce petit îlet se distingue par ses iguanes endémiques, ses paysages secs et ventés (étonnants dans les Caraïbes) ainsi que par ses ruines archéologiques discrètes mais authentiques. L’ambiance y est simple, sauvage, très différente des fonds blancs plus connus du secteur.
Dans cet article, je vous explique comment aller à l’îlet Chancel, ce que l’on peut y voir, comment observer les iguanes sans les déranger, quelles excursions privilégier, combien de temps prévoir, et pourquoi l’îlet constitue une étape intéressante lors d’une sortie en bateau ou en kayak autour des îlets du Robert. C’est une visite courte, facile et nature, qui s’intègre parfaitement dans un itinéraire mêlant îlets, fonds blancs et petites baignades dans le lagon.

Chancel est l’un des plus grands îlets du Robert, posé sur une zone sèche et ventée qui contraste beaucoup avec la Martinique verdoyante que l’on connaît. On y accède en bateau ou en kayak, ce qui donne déjà une petite impression d’aventure : l’eau est turquoise, les fonds sont clairs, et on s’approche doucement d’un îlet presque brut, parfois un peu rude, mais intéressant à découvrir pour ce qu’il abrite.
L’îlet Chancel est avant tout le refuge principal de l’iguane des Petites Antilles, une espèce endémique aujourd’hui menacée. À peine débarqué, on comprend vite pourquoi l’endroit est protégé. Les premiers iguanes traversent tranquillement le sentier, d’autres se chauffent au soleil sur les rochers, et on se retrouve face à une espèce que l’on ne voit presque plus ailleurs en Martinique.
Le rôle de l’îlet est essentiel : il permet d’éviter l’hybridation avec l’iguane vert (Iguana iguana), plus imposant et invasif, qui se reproduit avec l’iguane local et menace directement sa disparition. Sans Chancel, l’espèce endémique n’aurait probablement plus d’espace réellement sûr.
Il faut toutefois rester honnête : même si la mission de préservation existe, l’entretien du site n’est pas parfait. Certains iguanes portent des marques au feutre pour les identifier (une méthode simple mais qui surprend la première fois), et l’environnement en général est très “nature brute”, sans aménagement particulier.Ceux qui connaissent Petite Terre en Guadeloupe, beaucoup plus structurée, remarqueront immédiatement la différence de moyens et d’organisation.
Malgré cela, la balade reste agréable : le sentier principal permet d’observer plusieurs iguanes sans effort, et pour les voyageurs qui aiment la nature authentique, c’est un moment vraiment sympa, tranquille, sans artifice.

Au-delà des iguanes, l’îlet Chancel abrite un site archéologique protégé, vestige d’une ancienne habitation sucrière. En avançant sur le sentier, on arrive sur une zone où subsistent les restes d’un ancien four à chaux en pierre, témoin d’un passé industriel aujourd’hui disparu. Les ruines, très simples, ne sont pas restaurées ; elles s’intègrent dans le paysage comme des morceaux d’histoire laissés à l’air libre.
L’ambiance est volontairement sauvage, presque aride par endroits. Quelques essences locales retiennent l’attention : palétuviers, figuiers étrangleurs, arbres secs résistants au vent salin… Une végétation typique des îlets atlantiques, peu connue des voyageurs qui découvrent surtout la Martinique verdoyante des intérieurs. Cela donne au lieu un charme particulier, parfois un peu rude, mais dépaysant si l’on apprécie les environnements naturels non aménagés.
Il ne faut cependant pas s’attendre à une “visite muséifiée” : l’îlet n’est pas entretenu comme un site historique classique. Les anciennes installations sont en ruine, certaines structures rouillent, et les panneaux sont parfois sommaires. C’est un lieu à visiter pour ce qu’il est vraiment : un petit morceau de patrimoine laissé en l’état, intéressant mais modeste.

Sur l’îlet Chancel, vous croiserez exclusivement l’iguana delicatissima, aussi appelé iguane des Petites Antilles. C’est une espèce endémique, plus petite, plus fine, avec une peau gris-brun et un comportement généralement plus calme. Son trait distinctif le plus simple à repérer : il n’a pas de grande plaque blanche sous la joue, contrairement à l’iguana iguana.

A gauche : Iguane vert, à droite : iguane des petites antilles
Espèce endémique, protégée, présente à l’îlet Chancel
Taille adulte : 30 à 40 cm de corps (jusqu’à ~1 m avec la queue)
Couleur : Mâle gris-brun ou brun foncé, tête légèrement plus claire, crête dorsale peu marquée ;
Femelle plus petite, couleur brun-gris uniforme ; Jeunes vert vif, se foncent en grandissant.
Cou caractéristique, pas de grande écaille blanche sous la joue, crête dorsale courte, discrète
Durée de vie : 10 à 15 ans en milieu naturel
Régime alimentaire strictement herbivore : feuilles, bourgeons, fleurs, fruits et baies tombés
Comportement : plus calme, discret, moins agressif
Menaces principales : compétition génétique (hybridation), prédation, disparition d’habitat

L’iguana iguana, souvent appelé “iguane vert”, est beaucoup plus imposant : couleur vert vif ou vert foncé, crête dorsale plus marquée, longue queue annelée, et surtout une large écaille subtympanique blanche bien visible. C’est une espèce invasive qui colonise facilement les territoires et peut évincer l’iguane délicatissime en se reproduisant plus vite et en occupant les mêmes zones.C’est précisément pour éviter cette concurrence que l’îlet Chancel sert de dernier refuge sécurisé pour l’iguane délicatissime en Martinique. Ici, on peut encore observer l’espèce locale en liberté, ce qui devient rare ailleurs dans les Petites Antilles.
Espèce invasive, absente de Chancel mais présente en Martinique
Taille adulte : beaucoup plus grand : 40 à 55 cm de corps (jusqu’à 1m80 avec la queue)
Couleur : Mâle vert vif à vert foncé, crête dorsale très haute, tête massive ; Femelle plus petite, coloration vert vif ; Jeunes d'un vert très lumineux, difficile à confondre.
Cou caractéristique avec une grande plaque blanche (écaille subtympanique) très visible, crête dorsale longue et bien développée
Durée de vie : 15 à 20 ans
Régime alimentaire : principalement herbivore, mais occasionnellement omnivore
Comportement : plus imposant, grimpeur, se reproduit très vite
Menaces : espèce non menacée, c’est lui qui menace les espèces locales

Les iguanes des Petites Antilles (iguana delicatissima) sont la raison principale pour laquelle on vient à l’îlet Chancel. C’est l’un des rares endroits de Martinique où l’on peut encore les observer facilement, dans un environnement relativement protégé. Cette espèce locale, plus petite et plus sombre que l’iguane vert invasif, est aujourd’hui menacée. L’îlet sert donc de refuge, même si la gestion reste assez simple et parfois un peu artisanale.
La première chose que l’on remarque, c’est comme ils sont peu farouches. Ils se chauffent au soleil sur les rochers, traversent tranquillement le sentier, et vous observent avec ce regard placide propre aux reptiles. Lors de ma dernière visite, un jeune iguane, d'un vert vif a trottiné le long du chemin à quelques mètres devant moi avant de grimper dans un buisson, un petit moment presque comique, qui fait tout le charme du lieu.
Côté observation, rien de compliqué :
Restez sur le sentier principal, ils sont souvent tout près, et suivez les recommandations du guide.
Évitez de les approcher ou de les nourrir.
Avancez doucement, la chaleur du sol les attire et ils restent immobiles plus longtemps.
Les iguanes sont généralement visibles en fin de matinée, quand la lumière chauffe les rochers. En début ou fin de journée, ils sont plus discrets.
Même si l’îlet n’est pas un “parc animalier” organisé, voir évoluer ces reptiles en liberté reste un moment assez unique. C’est d’ailleurs l’un des seuls arrêts de Martinique où l’on peut observer une espèce endémique aussi facilement, ce qui en fait une étape intéressante dans une excursion dédiée aux îlets et aux fonds blancs.
L’accès à l ’îlet Chancel est simple : tout se fait depuis Le Robert, sur la côte Atlantique. C’est de là que partent les bateaux, les navettes et les excursions organisées. Vous avez deux options : le bateau ou le kayak, et le choix dépend surtout de l’expérience que vous souhaitez vivre.
C’est la solution la plus facile et la plus populaire. Vous embarquez pour une sortie en bateau ou en catamaran "Ilets du Robert + Baignoire de Joséphine" qui inclut généralement :
l’ îlet Chancel,
la Baignoire de Joséphine
un ou deux autres îlets du Robert,
un arrêt sur un fond blanc,
parfois la Baignoire Trapèze.
Prix moyen : 45 à 60 € par adulte, 30 à 40 € par enfant, selon la durée et les arrêts. La visite de l’îlet dure en général 20 à 40 minutes, ce qui est largement suffisant pour observer plusieurs iguanes.

C’est une expérience vraiment sympa si vous aimez bouger. On part d’une base nautique du Robert, et on pagaie vers l’îlet Chancel en environ 20 à 30 minutes.
Le trajet est assez simple, les eaux sont généralement calmes, et on peut s’arrêter sur de petits bancs de sable en chemin.
Prix : 20 à 30 € par personne en moyenne.
C’est l’option idéale si vous voulez :
être indépendants,
prendre votre temps sur l’îlet,
profiter d’un silence total à l’arrivée.
Petit conseil local : partez avant 9h30 pour éviter le vent de l’Atlantique qui se lève après 10h.

Oui, si vous louez un petit bateau avec ou sans permis au départ du Robert. L’itinéraire est simple et les eaux sont peu profondes, mais :
il faut surveiller la météo,
respecter les zones de mouillage,
éviter d’accoster n’importe où pour protéger les œufs et les iguanes.
En bateau : 3 à 4 heures avec les autres îlets + baignade
En kayak : 2h30 à 3h en prenant votre temps
En privé : 4 à 5 heures si vous combinez îlets + fond blanc
L’îlet Chancel seul n’occupe pas une demi-journée complète, mais intégré à une sortie variée, c’est parfait.
Peut-on visiter l’îlet Chancel sans excursion ? Oui, si vous venez en kayak, en petit bateau ou en catamaran, mais il faut respecter les zones de mouillage et ne pas sortir des sentiers. En pratique, la grande majorité des voyageurs y vont via une excursion organisée.
Combien de temps faut-il pour visiter l’îlet ? La visite en elle-même dure 20 à 30 minutes. C’est largement suffisant pour observer les iguanes et voir les ruines.
Peut-on se baigner à l’îlet Chancel ? Pas vraiment. L’îlet n’a pas de belle plage aménagée ni de zone de baignade dédiée. On se baigne plutôt lors des arrêts dans les fonds blancs autour du Robert.
Y a-t-il beaucoup d’iguanes ? Oui, vous en croiserez presque à chaque visite, parfois dès les premières minutes. Ils se laissent facilement observer, surtout en fin de matinée.
L’îlet est-il adapté aux enfants ? Oui, si vos enfants aiment marcher un peu et observer les animaux.
Le kayak jusqu’à l’îlet est-il difficile ? Non, il suffit juste de partir tôt pour éviter le vent de l' océan atlantique.
Peut-on pique-niquer là-bas ? Ce n’est pas recommandé : l’îlet il est avant tout dédié à la préservation des iguanes.
L’îlet en vaut-il la peine ? Oui, si vous l’intégrez à une excursion complète (îlets + fond blanc). Pas forcément en sortie “solo”, car la visite est courte et l’îlet, assez sauvage, manque d’infrastructures.
L’îlet Chancel, c’est avant tout un refuge pour les iguanes, un morceau de Martinique un peu brut, un peu sec, parfois surprenant, mais intéressant pour ce qu’il montre : une espèce endémique qui tente de survivre. On ne vient pas ici pour une plage de carte postale, ni pour des installations touristiques, mais pour une balade courte, une ambiance nature sans filtre, et une rencontre presque garantie avec ces reptiles emblématiques.
Pris seul, l’îlet ne justifie pas une demi-journée complète.Mais intégré à une sortie bateau ou kayak qui combine plusieurs îlets, un fond blanc, et la découverte du Robert, il devient un arrêt très sympa, facile, instructif, et parfaitement complémentaire des paysages du lagon.
Si vous aimez les animaux, les petits sentiers, et les endroits un peu sauvages, l’îlet Chancel restera un bon souvenir. Et si vous cherchez la version la plus complète, optez pour une excursion variée : c’est là que l’expérience prend vraiment tout son sens.