Vous cherchez un souvenir de voyage qui a du sens, quelque chose de beau, fait main, local, qui ne terminera pas dans un tiroir oublié au retour de voyage ? Alors l’ artisanat de la réunion est fait pour vous. Sur cette île volcanique posée entre Afrique et Asie, les savoir-faire ont gardé leur âme, et les créateurs perpétuent des traditions qui mêlent influences malgaches, indiennes, européennes, et créole 100 % péi.
Dans cet article, je vous emmène à la rencontre de l’artisanat réunionnais :
les objets emblématiques comme les paniers en vacoa, les broderies de Cilaos, ou les bijoux en graines ;
les lieux où dénicher ces trésors (marchés, ateliers, villages d’artisans…) ;
et mes conseils pratiques pour acheter malin, soutenir les vrais artisans, et éviter les souvenirs made in ailleurs.
Vous verrez, c’est une facette du voyage qu’on ne soupçonne pas toujours, et qui laisse souvent une vraie trace, bien plus durable qu’un aimant de frigo. Et non, vous ne repartirez pas avec un tam-tam géant dans votre valise (sauf si vraiment vous insistez, c'est une activité comme une autre !). Pour découvrir les ateliers et boutiques d’artisanat péi, rien de plus pratique qu’une location de voiture à Saint-Denis.

À La Réunion, les feuilles de vacoa sont tressées depuis des générations pour fabriquer des chapeaux, paniers, sets de table, nattes et objets déco. C’est un artisanat typique des Hauts de l’île, particulièrement du côté de Cilaos ou de l’Étang-Salé. Les tressages sont fins, les motifs géométriques, et chaque pièce a ce petit côté rustique mais élégant.
J’ai acheté un panier à 12 € sur un marché à Saint-André, la dame l’avait fabriqué avec sa sœur, en papotant autour d’un feu. C’était un panier... et une histoire.
Où en trouver : Marché de l’Éperon, marché artisanal de Saint-Leu, boutiques collectives comme Boutik Lakour.

Un travail d’orfèvre à la réunionnaise. La broderie de Cilaos, aussi appelée "jours de Cilaos", est faite à la main, avec une patience infinie. Sur des nappes, des taies, des robes ou des tableaux, ces créations font la fierté du cirque. Ce sont souvent les grand-mères qui initient les plus jeunes, dans une maison du village transformée en atelier collectif.
Prix : les petites pièces démarrent autour de 15 €, les nappes peuvent grimper à 100 € ou plus, mais c’est du travail d’art et de belles découvertes !

Graines, bois, coquillages, roche volcanique, bambou, coco, vacoa… les créateurs réunionnais savent tout transformer. On trouve des bijoux uniques, parfois fabriqués avec des matériaux ramassés en bord de mer ou dans les forêts, toujours avec goût. Certains artisans mélangent des graines locales avec du métal martelé ou du verre recyclé, c’est beau, et c’est zéro plastique.
Astuce : beaucoup d’artisans personnalisent leurs créations sur demande (prénom, message…). À glisser dans un cadeau !

Longtemps délaissé, le tapis mendiant revient dans les maisons réunionnaises… et dans les bagages des voyageurs curieux. Ce patchwork de chutes de tissus colorés, cousu main, décorait autrefois les salons ou servait de couverture. Chaque tapis est unique, parfois composé de tissus récupérés dans la famille, parfois confectionné à partir de motifs revisités.
Où en trouver ? Dans certaines boutiques collectives à Saint-Benoît, ou chez des couturières des Hauts (Cilaos, La Plaine des Palmistes).
J’en ai vu un qui mélangeait des motifs de pagnes africains et des tissus à fleurs vintage. Un vrai condensé de l’identité réunionnaise.

Impossible de parler d’artisanat péi sans évoquer les instruments du maloya, la musique classée au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Les deux stars ? Le kayamb (fait de tiges de canne à sucre et de graines) et le roulèr (tambour basse en tonneau). Fabriqués à la main par des artisans-musiciens, ces objets sont souvent vendus sur les marchés ou dans des boutiques culturelles.
Prix : entre 20 et 50 € selon la taille et la finition.
Certains artisans personnalisent les kayambs (motif gravé, prénom…). Parfait pour offrir.
Bonus : vous repartirez avec un souvenir qui fait du bruit, mais du bon bruit.

Les artisans réunionnais sont nombreux à fabriquer des savons saponifiés à froid, des baumes, des roll-on à l’huile essentielle, ou encore des eaux florales (ylang-ylang, géranium rosat, citronnelle…). Les matières premières sont locales, bio pour la plupart, et les odeurs… vous replongent directement dans les forêts ou les champs de géranium.
À tester : le savon au charbon actif et géranium, ou le baume au curcuma pour les piqûres.
Où ? Marché de l’Éperon, boutiques bios locales, marchés artisanaux de l’Ouest.
Astuce : pensez à bien protéger vos flacons dans la trousse de toilette, oui, même les huiles essentielles coulent.

Ce n’est pas toujours considéré comme de l’artisanat au sens strict, et pourtant… la fabrication de confitures réunionnaises, de sirop de géranium, de galabé (sirop solide de sucre de canne) ou de miels rares relève clairement du geste artisanal. Et c’est du lourd côté goût.
Un producteur m’a fait goûter une confiture tangor-cannelle sur du pain grillé au marché de Saint-Benoît : j’en ai acheté trois pots. Et j’ai regretté de ne pas en avoir pris plus.
À privilégier : les petits producteurs avec étiquettes écrites à la main, ou ceux qui font aussi de la dégustation sur place.

Enfin, n’oublions pas l’artisanat d’ art réunionnais, souvent exposé dans les galeries côtières, les marchés de créateurs ou les petits ateliers des Hauts. On y trouve des peintures naïves, des gravures, des objets en bois flotté, des céramiques émaillées, ou encore des sculptures en roche volcanique.
Où ? Saint-Leu, L’Étang-Salé, Hell-Bourg, Saint-Denis (boutiques-galeries d' art)
Prix : variables, mais vous pouvez trouver de très belles pièces entre 30 et 100 €

Si vous aimez rapporter un souvenir à boire (un qui ait vraiment du goût et une histoire) alors foncez sur le rhum arrangé artisanal. Rien à voir avec les bouteilles industrielles de supermarché. Ici, chaque producteur a sa recette, ses fruits, son épice secrète.Ananas victoria, combava, vanille, gingembre, mangue, letchi, ou même poivre sauvage : tout est possible. Parfois macéré pendant des mois, parfois mis en bouteille sur place.
Où en trouver ?
Sur les marchés de producteurs (Étang-Salé, Saint-Paul, Saint-André)
Chez les artisans qui vendent aussi des confitures ou des épices
À l’Éperon ou dans certaines boutiques comme Au Cœur des Bois (Sud)
Astuce : optez pour les bouteilles en verre bien fermées (liège ou capsule vissée). Vérifiez que l’étiquette précise les ingrédients et le degré d’alcool (souvent autour de 35 %).
J’ai goûté un rhum ananas-géranium à Saint-Leu… j’en ai acheté un petit, puis je suis revenu le lendemain pour une bouteille d’un litre. L’artisan m’a dit : “celui-là, il soigne même les coups de blues”.

Vous pourrez trouver les créations des artisans de la réunion dans des points de vente variés :
Sans doute l’un des plus intéressants à l' ouest de l'île si vous cherchez des créations 100 % péi. Installé sur la place principale de Saint-Leu, face à la mairie, ce marché a lieu régulièrement (souvent le dimanche). On y croise des artisans de toute l’île, parfois les mêmes qui exposent leurs savoir-faire dans les salons ou boutiques d’art. L’ambiance est détendue, on peut discuter avec les créateurs, parfois même assister à une petite démo.
Conseil local : venez tôt, certains stands partent dès midi. Prévoyez de l’espèce, et n’hésitez pas à poser des questions : ici, on vend autant les histoires que les objets.

Petit marché à l’ambiance bio & arty, qui se tient le mercredi après-midi. Parfait pour trouver des objets faits main, de la vannerie, des savons artisanaux ou des bijoux en graines. Très fréquenté par les Réunionnais du coin (et quelques habitués du tourisme éco chic). Autour du marché, dans le quartier de l’Éperon, vous trouverez aussi plusieurs ateliers d’artisans indépendants, des producteurs installés de longue date (savons, rhum, textile, vannerie…) et une ambiance très “village créatif”, mais sans structure unifiée ni signalétique touristique dédiée
Une fois, j’y ai trouvé une trousse en toile cirée “péi” cousue par une couturière de Saint-Gilles. Unique, et 18 € bien investis.

Saint-Paul (vendredi/samedi) : plus grand marché forain de l’île, mélange de produits frais et de stands artisanaux.
Marché nocturne de Saint-Denis (ponctuel) : souvent thématique (artisanat, bien-être), à surveiller sur les réseaux.
Marché de Cilaos : idéal pour l'art de la broderie locale, certains jours de la semaine (variable selon saison).
Boutik Lakour (Saint-Leu) : Un bel espace qui regroupe plusieurs dizaines d’artisans locaux et leurs savoir-faire sous un même toit. Produits certifiés "Artisanat de La Réunion", ambiance conviviale et conseil personnalisé. Bijoux, déco, textile, cosmétiques naturels… on y trouve vraiment de tout.
Au Cœur des Bois (Petite-Île) : Une boutique pas très connue, mais très qualitative. Spécialisée en objets bois, galabé, miel artisanal… Idéal si vous êtes en vadrouille dans le Sud sauvage.
Maison de la Broderie (Cilaos) : Pas juste une boutique, mais un lieu de transmission. On vous y explique les gestes, les motifs, les histoires des brodeuses. Une belle étape humaine si vous passez par les Hauts.
Artisans à Hell-Bourg, Salazie : quelques créateurs isolés, notamment autour du travail du bois et du patchwork
Préférez les objets signés / étiquetés de marque locale : Meilleure traçabilité, soutien direct à l’artisan
Vérifiez le label “Artisanat de La Réunion” : Gage d’origine et de qualité
Discutez avec les créateurs : Ils vous racontent l’histoire de leur création, et parfois baissent le prix…
Faites attention aux contrefaçons importées : Présentes parfois sur les marchés trop touristiques
Tout dépend de votre valise (et de votre budget). Voici quelques valeurs sûres côté créations locales :
Objet | Pourquoi on l’aime | Prix indicatif |
Paniers ou sacs en vacoa | Léger, typique, utile | 10 à 25 € |
Bijoux en graines ou coco | Naturel, fait main | 8 à 30 € |
Broderie de Cilaos | Fin, élégant, unique | 15 à 100 € |
Tapis mendiant | Patchwork créole à suspendre | 40 à 150 € |
Galabé ou confiture artisanale | Goût péi, à partager | 5 à 10 € |
Kayamb ou roulèr (instruments) | Original, musical | 20 à 50 € |
Service local : emballez bien les objets fragiles (broderie, verre, poterie) dans du linge ou du papier bulle, et conservez vos achats alimentaires (galabé, confiture, rhum) en soute.
Peut-on rapporter tous les produits artisanaux en avion ?
Oui, s’ils sont non périssables et emballés (pas de fruits frais, ni de bois brut non traité).
Les cosmétiques, huiles, galabé, rhum arrangé passent sans souci en soute.
Évitez tout ce qui contient graines non stérilisées, plantes non certifiées, ou objets à base de corail / coquillage naturel protégé.
Peut-on visiter des ateliers d’artisans ? Oui, et c’est même vivement recommandé. Plusieurs créateurs situés à l' ouest de l'île de la Réunion proposent des visites guidées ou ateliers participatifs (tressage vacoa, initiation broderie, fabrication de bijoux…). Renseignez-vous sur place, via les offices de tourisme ou directement auprès des marchés artisanaux.
L’artisanat réunionnais, ce n’est pas juste ramener un cadeau ou des créations dans sa valise de vacances. C’est rencontrer ceux qui façonnent l’île avec leurs mains, écouter leurs histoires, découvrir des matières que vous n’avez jamais vues ailleurs, et donner du sens à votre souvenir.
Alors oui, vous pourriez repartir avec un t-shirt “La Réunion lé la”, mais franchement… un bijou en graine d’ylang ou une nappe brodée par une dame de Cilaos, c’est autre chose, non ?
L’idéal, c’est de pouvoir faire le tour des points de vente et des marchés et des ateliers à votre rythme. Une voiture de location vous permettra de rayonner entre les Hauts, les plages, les villages et les coins d’artisanat.
Réservez votre voiture à La Réunion : agences à l’aéroport, à Saint-Pierre ou Saint-Gilles, et tous les reliefs sont à vous.